Faut-il regarder Birds of Prey ?

Date de sortie
5 février 2020
Réalisé par
Cathy Yan
Avec
Margot Robbie, Ewan McGregor, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett-Bell
Univers
DC Extended Universe

Sorti en France début février 2020, Birds of Prey a connu un démarrage timide avant de connaître un sursaut dans les salles obscures, abruptement interrompu par les mesures de confinement décrétées dans le cadre de la pandémie de COVID-19. Disponible depuis le 24 mars sur les plateformes d’achat VOD, que vaut vraiment le film et, si vous ne l’avez pas encore vu, vaut-il la peine d’être visionné, engoncé dans votre canapé ? C’est ce que nous allons voir ensemble dans cette review, garantie sans spoilers !

Dans un DCEU exsangue et après un Suicide Squad à la réception mitigée, la nouvelle apparition de Harley Quinn, dans un film éponyme – qui plus est – n’était pas pour rassurer les fans. C’était sans compter sur la compréhension très fine de Margot Robbie de son personnage et sa capacité à prendre le destin du film en mains pour ne pas aboutir à un Suicide Squad 2.

Un souffle d’auteur dans un film de divertissement

En tant qu’actrice et productrice du film, Margot Robbie a fait le choix d’une réalisatrice au profil atypique : Cathy Yan. Son premier film Dead Pigs, un film choral teinté d’humour noir qui suit plusieurs personnages bien différents, a époustouflé Margot Robbie et ses deux co-producteurs. Et principalement la capacité de la jeune réalisatrice à faire coexister les différents personnages de Dead Pigs avec un screentime équitable : un enjeu particulièrement prégnant pour Birds Of Prey.

De ce choix résulte une réalisation franchement neuve et aux trouvailles visuelles particulièrement intéressantes. Les scènes de combat sont impeccablement chorégraphiées et filmées, la caméra virevoltant à travers l’environnement. Surtout, on sent la caméra au service des personnages. Le but est d’accentuer leurs traits de caractères ou bien tout simplement de rendre hommage aux cases de comics, notamment durant les scènes de combats.

Un scénario qui fonctionne, et une narration peut-être trop proche de Deadpool

Le film gère bien son rythme, sait quand il faut aller à 100 à l’heure et à quel moment ralentir. Surtout, la narration volontairement décousue repose sur des flashbacks et des imbrications scénaristiques décalées qui permettent de maintenir l’attention des spectateurs, au prix de similitudes parfois très (trop ?) voyantes avec Deadpool.

Le traitement des messages du film est fait intelligemment et subtilement. Il est de notoriété publique que Birds Of Prey était prévu depuis le départ pour être un film féministe et il remplit parfaitement son office. Les thèmes sont abordés avec pertinence, intégrés de manière fluide au scénario. Il ne s’agit pas d’un film qui essaie d’intégrer du féminisme à sa narration, mais bien d’un film scénaristiquement féministe. Il aborde brillamment la question des relations toxiques, de la domination patriarcale et des inégalités de genres sans entrer dans une démonstration argumentée bloquante pour une audience indisposée par le traitement usuel de ces thèmes.

Le film est beau

Bon sang, que ce film est beau. Là où l’esthétique de Suicide Squad était plus une posture inspirée de l’esprit néon présent sur toutes les planches de designers à l’époque de sa conception, Birds Of Prey, lui, est un film véritablement graphique. On sent que l’univers graphique du film a plus de maturité qu’à l’époque de Suicide Squad et on peut distinguer une véritable cohérence visuelle dans l’approche.

Un bon film du DCEU ?

Il est compliqué de juger le film à l’aune de l’univers cinématographique auquel il est censé appartenir. Le DC Extended Universe est en déperdition, sans direction générale depuis qu’il est orphelin de son démiurge Zack Snyder. Et cela se ressent dans Birds Of Prey. Si le film pioche allègrement dans les références de l’univers DC pour agrémenter et situer son propos, il s’affranchit aussi du carcan scénaristique que l’on serait en droit d’attendre dans un film s’intégrant dans un univers généralisé, notamment dans la gestion de Roman Sionis, alias Black Mask, et son traitement en fin de film.

Finalement, Birds Of Prey, est peut-être le film dont le DCEU avait besoin à ce moment-là : une Ode à l’émancipation et à la liberté dans un contexte de déperdition de son univers et de sa perte de valeurs.

Faut-il regarder Birds of Prey ?
Conclusion
Un bon film que l'on aura plaisir à revoir d'ici quelques mois. Une parenthèse créative nécessaire pour rafraîchir un DCEU décrépi.
Les +
Créativité
Scénario maîtrisé
Performances d'actrices et d'acteurs
Les -
Inspirations de Deadpool trop visibles
Quelques trous de scénario mineurs
7.5
/10
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