Now Reading:

Détrompez-vous, Agent Carter n’est pas annulée parce que c’est une mauvaise série

Détrompez-vous, Agent Carter n’est pas annulée parce que c’est une mauvaise série

Coupons court à tout suspense : Agent Carter s’arrête prématurément après deux saisons qui n’ont pas réussies à trouver leur audience et le spin-off Most Wanted ne verra probablement jamais le jour. Est-ce un coup dur pour le Marvel Television Universe ? Absolument pas. Il s’agit d’un ménage douloureux mais nécessaire.

Douloureux, car les possibilités étaient multiples et potentiellement prometteuses quant au déploiement sériel de l’univers Marvel vers d’autres horizons. Douloureux aussi car, disons-le, Agent Carter n’était pas une mauvaise série. La réalisation était léchée, le rythme plutôt soutenu et les acteurs se défendaient plutôt bien. Non, ce qui a vraiment péché avec Agent Carter, c’est le timing et les choix de narration intégrés à Agents of S.H.I.E.L.D. et Captain America: The Winter Soldier.

 

 

Question timing d’abord, la série se déroulant dans les années 40, c’est un facteur de goût relativement important. Tout le monde n’est pas unanimement sensible aux univers rétro voire passéistes. Un créneau sur lequel beaucoup de séries se sont aventurées et cassées les dents, à l’exception d’une devenue depuis le modèle du genre : Mad Men. Mad Men a débuté en 2007 et s’est achevée en 2015, année de la sortie d’Agent Carter. Une période de huit ans durant laquelle la série a trusté le créneau rétro, tout en alimentant un phénomène de « ras-le-bol » progressif du public, malgré des audiences en hausse constante. Agent Carter est donc arrivée à la fin d’un cycle, celui de l’engouement du public pour le rétro. Un écueil qui lui a fallu surmonter et qui lui a porté préjudice. D’autant que Captain America: First Avenger (à mon avis toujours pas reconnu à sa juste valeur) n’a pas séduit à sa sortie, notamment en raison de son intrigue se déroulant dans les années 40.

Niveau intrigue, c’est la redondance des événements qui a été fatal à Agent Carter. HYDRA, S.H.I.E.L.D, espionnage, nazis : quatre thèmes exploités par les deux premiers films Captain America, la série Agents of S.H.I.E.L.D, un brin d’Avengers 2 et aussi Agent Carter. C’est comme si l’on assistait à la répétition d’une même histoire sous divers angles. Et ce manque cruel d’inventivité narrative a contribué à tirer vers le bas les deux fleurons de Marvel Television (les séries coproduites par Netflix mises de côté) qu’étaient Agent Carter et Agents of S.H.I.E.L.D. Il a donc fallu faire un choix.

Et il est triste de constater que, symboliquement, c’est la seule intrigue mettant une femme forte en son coeur qui est sacrifiée sur l’autel de l’attractivité scénaristique. Agents of S.H.I.E.L.D. devient ainsi la seule série qui centralise les aventures de l’organisation secrète, puisque le spin off Most Wanted semble lui aussi bel et bien mort-né.

Tout ceci souligne le manque cruel d’organisation de la section télévision de Marvel et de son incapacité à anticiper une cohérence scénaristique pour ses différents shows. On fait table rase, donc, on concentre les forces sur le titre qui semble le plus enclin à remonter la pente et il y a fort à parier que d’autres séries seront bientôt annoncées, sans qu’elles se déroulent cette fois dans le giron de l’univers du S.H.I.E.L.D. Une bonne nouvelle pour la créativité !

 

Share This Articles